Succédant aux notes parallèles sur feuilles volantes, le premier carnet noir débute le 2 août 1983. Ils se succèdent alors régulièrement pour totaliser soixante-quatre carnets en 2003. Ils comportent tous 96 pages avec une couverture toilée noire identique, au format de 17 x 10,5 cm jusqu’au 53ème : et au format de 18 x 11,5 cm depuis le 54ème. En 2003, commence une nouvelle série numérotée en chiffres romains ; avec pour 2008 les carnets noirs XV, XVI, XVII…
Le carnet n° 64, qui a été perdu, s’est doublé d’un carnet 64 bis. Conséquence de cette perte mal vécue, le carnet noir 64 est devenu le point de départ d’un texte en travail sorti des carnets 64 à XII, un nouveau projet pour un livre en train de se faire, une sorte de bio-rétrospective vécue et imaginée liant et interpénétrant des évènements de la vie extérieure avec d’autres de la vie intérieure…
Avec essentiellement des notes parallèles, écrites ou dessinées ? sous forme d’un journal qui les inscrits dans le temps et marque les synchronicités, faisant apparaître ainsi les liens entre la vie créatrice, la vie intérieure, et la vie extérieure ? les carnets noirs sont des contrepoints importants qui accompagnent tout travail de l’artiste ; et également ses questionnements autour de la créativité dans sa pratique et dans ses enseignements. Ils sont les témoins d’une création en train de se faire et d’une individualité qui tente de se définir en même temps intérieurement, « à la recherche de soi » (cf. catalogue rétrospectif de 1987), et vis-à-vis de l’extérieur, par rapport au collectif, à la société, au monde de l’art… comme dans ce texte récent qui en est extrait : « La liberté créatrice de l’individu ».
Souvent ces notations anticipent le cheminement de l’individu et de l’artiste avec des textes de pensées et de réflexions, d’autres en relation avec le monde des rêves et de l’inconscient, certains plus poétiques, ou bien s’apparentant à l’esprit des contes et à ce que C. G. Jung a appelé imagination active. Parfois ils sont vécus comme une création à part entière. Certains textes sont destinés à rester pour l’instant exclusivement dans l’intimité des carnets, d’autres ont été publiés ici et là, par extraits, dans des invitations ou catalogues d’expositions, ou dans des publications plus importantes, comme « La créativité questionnée. Voyage intérieur, voyage extérieur » (1985, cf. bibliographie), « Le présent est un présent, petit conte des carnets noirs » (1996, idem), texte et dessins complètement tiré des carnets noirs, ou « SANPAÏ, un pèlerinage pictural » (2001, idem) avec des extraits des notes accompagnant la réalisation des toiles reproduites. En préparation, l’ouvrage évoqué ci-dessus…